Dictionnaire des verbes Tachelhit-Français

Dictionnaire des verbes Tachelhit-Français
Dictionnaire des verbes Tachelhit- Français

(Parler Berbère du Sud du Maroc) Le tachelhit est l'un des parles de l'amazigh marocain. Il existe, à côté du tachelhit, deux autres parlers amazighs : le tamazight du Maroc central et le tarifit du Nord du pays. Grâce aux moyens modernes : radio, télé, cassette, livre, théâtre, cinéma.., le tachelhit connaît aujourd'hui un processus d'homogénéisation et d'unification linguistiques. Les villes et les grands centres urbains de la zone tachelhit comme Agadir, inezgane, Tiznit, Tata,.. contribuent aussi à cette unification.

Dans le but de promouvoir un vocabulaire commun à l'ensemble du domaine tachelhit, le lexique retenu dans ce dictionnaire ne correspond pas à une forme locale particulière d'un village ou d'une région : c'est un tachelhit commun à plusieurs localités.

Les verbes sont classés selon l'ordre alphabétique de leur thème d'aoriste (forme la plus simple du verbe). Pour chaque verbe nous relevons le maximum d'acceptions sémantiques possibles illustrées ensuite par des exemples. A la fin du dictionnaire figure une liste de proverbes et de devinettes.

Abdallah El Mountassir, Docteur és lettres, spécialiste de linguistique et de littérature amazighs, est Maître de conférence à l'université d'Agadir. Il est l'auteur de plusieurs études sur linguistique et la littérature amazighs (domaine tachelhit). Il est aussi l'auteur d'une méthode d'apprentissage et d'enseignement de tachelhit (parue chez les Editions Asiathèque, Paris, 1999)

Abdallah El Mountassir est membre associé du Centre de recherche Berbère de l'institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris (France) et membre associé de International Language and Culture Centre de l'Université Mc Master, Hamilton

# Posté le mercredi 11 mai 2005 13:04

Modifié le dimanche 15 mai 2005 13:28

Les premiers Berbères : entre Méditerranée, Tassili et Nil.

Les premiers Berbères : entre Méditerranée, Tassili et Nil.
C'est un très beau et un gros livre ! "Les Premiers Berbères : entre Méditerranée, Tassili et Nil", de Malika Hachid.

C'est une fresque qui s'apparente aux Menines, ce superbe tableau de Diego da Silva Velazquez, où s'emboîtent personnages et scènes, se superposent aussi genres et portraits, où enfin jaillissent une lumière incandescente et une virtuosité discursive. Le regard du lecteur est emporté dès les premières pages vers des profondeurs où l'histoire berbère trouve son origine, chez Malika Hachid, en Afrique du nord.

Dès l'abord, nous pénétrons dans les arcanes de ce qui constitue l'argument de ce troisième livre consacré aux Berbères : l'origine des ces derniers n'a jamais été le Proche ou Moyen Orient, contrairement à certaines affirmations. Mais bel et bien cette chaîne atlassique, longue et continue qui traverse le Maghreb comme une ligne constitutive d'ouest en est, une épine dorsale devenue le continuum civilisationnel du Rif à l'Ennedi, dans cette Libye où certains parlers vernaculaires n'ont rien à envier aux nôtres.

Malika Hachid est historienne, spécialisée dans les grandes périodes pré et protohistorique des civilisations sahariennes. Depuis plusieurs années, elle mène un travail de recherche, fouillé et fourni, d'abord dans le cadre de l'Université d'Aix-en-Provence, ensuite à la tête du Parc national du Tassili des Ajjer. La quête, car c'en est une, n'est pas une réhabilitation quelconque de l'origine des cultures berbères. Non plus une volonté de leur fixer un point de départ qui déterminerait ensuite leur destin.

La quête de Malika Hachid est, en revanche, consubstantielle à la renaissance d'une dimension de notre patrimoine historique et moral, au ressourcement de notre civilisation dont l'étendard fut, bien avant que l'islam ne soit venu sur nos terres en friche au VIIème siècle, l'Amazigh. Or, l'islam lui-même trouva en les Berbères des porte-drapeaux volontaires et en fit même ses meilleurs conquérants, comme Tariq Ibn Zyad.

Le pari de Malika Hachid, dans le cadre du livre "Les Premiers Berbères, entre Méditerranée,Tassili et Nil", est de démontrer avec force-détails l'appartenance originelle des populations berbères au berceau maghrébo-méditerranéen avec, en effet, des surgissements et des évolutions parallèles du côté de la Libye et de l'Egypte. Plus de 300 pages grand format, contenant une impressionnante collections d'iconographies, de tableaux, de croquis et de cartes, une remarquable fluidité d'écriture, une minutieuse et extraordinaire description qui fait remonter l'histoire des Berbères du Maghreb, c'est-à-dire notre propre parcours, à cette ère si lointaine de l'Epipaléolithique, soit à il y a 11.000 ans, là où ils inventèrent un mode de vie, organisèrent leur espace voire même leur civilisation dont témoignent les arts rupestres, les objets funéraires, les dessins que l'érosion du temps et l'usure dérisoire des textes n'ont pu anéantir. Peut-être, en effet, devrait-on rappeler que cette civilisation berbère sur laquelle des grands maîtres comme Carcopino, Marçais,Terrasse, Charles-André Julien ou Vincent Monteil pour ne citer que les chercheurs français, s'étaient allègrement penchés, avait rayonné sur la Méditerranée. Ce rayonnement étendait ses lumières sur les rives de la Mare nostrum, au Rif notamment, au même moment, sinon avant que la civilisation achéennne, qui donnera sa mouture universelle à la future Grèce, ne prît la dimension qu'on lui connut. Malika Hachid en convient : un certain ostracisme a caractérisé l'écriture de l'histoire dans cette partie du monde.

Il a occulté nolens volens les richesses du sud et plus tard des pans de civilisations pour ne laisser place qu'aux dimensions folkloriques. Est-ce un hasard si la mission de colonisation fut accompagnée - pour ne pas dire adossée - d'un engouement des chercheurs européens pour le monde berbère ? Est-ce un hasard aussi si les mêmes concepteurs de la colonisation s'efforcèrent de "détacher" autant que faire se peut la culture berbère de son terroir islamique ? Etait-ce enfin habile de creuser la fracture ethnico-culturelle entre amazighité et territoire, comme d'aucuns avaient cru le faire en promulguant en 1930 le sinistre Dahir berbère dont la première mission était d'extraire la culture amazighe de son contexte ? Toutes ces questions nous taraudent encore l'esprit. On a compris, on a été conduits à admettre que l'amazighité est notre origine et notre telos, comme disaient justement les philosophes de la Grèce antique.

Ce n'est pas parce que l'écriture berbère ne s'est pas techniquement pérénnisée par le biais de documents et de textes conservés, que la civilisation amazighe n'existe pas. La culture amazighe, aussi loin que se projette notre regard en arrière, aussi profondément que plonge notre questionnement, est une composante, la première à vrai dire, de notre histoire et de notre mémoire. Elle est à l'histoire des peuples du Maghreb et de la Méditerranée, ce que la sève est à la vie. Malika Hachid s'est employée à mettre en exergue cette continuité anthropologique. Son livre est un plaidoyer qui s'appuie sur une sédimentation de faits et donne son poids à une histoire à pente régulière.
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# Posté le mercredi 11 mai 2005 13:03

Modifié le dimanche 15 mai 2005 13:29

Amarg : chants et poésie amazighes.

Amarg : chants et poésie amazighes.
Cet ouvrage, selon l'auteur, ne se veut pas une anthologie de la poésie tachelhit, mais il s'agit d'un livre dont l'objectif est d'offrir au lecteur un florilège de poésie tachelhit. L'ouvrage, bilingue, présente des textes de trois genres poétiques chleuhs : "Amarg n rrways" (Poésie des chanteurs intinérants, "Imurig" (Poésie anonyme) et "Tanggift" (Chants de mariage).

L'auteur a tenu à rendre hommage à Muh'mmad U-Âbdlwasâ, originaire d'Idaw Mh'nd. Ce grand connaisseur de la langue et la littérature tachelhit, comme le présente l'auteur, est décédé le 20 mai 2000. Il a communiqué à l'auteur plusieurs poèmes présentés dans cet ouvrage.

Ce qui a retenu l'attention de Mohamed Chafik qui a préfacé l'ouvrage est le terme "Amarg" du titre. La lecture de l'ouvrage lui a fait revivre son enfance, une enfance où sa langue maternelle, tamazight, a le quasi-monopole de lui dire le monde et la vie.

Dans son introduction, l'auteur évoque la situation géographique de la région d'où viennent les poèmes qui est comprise entre la partie occidentale du Haut-Atlas, la plaine du Souss et le versant ouest de l'Anti-Atlas. Il traite également de la situation linguistique de tachelhit avant de donner l'explication et les différents sens que peut avoir le terme "amarg" en tachelhit.

Il traite des termes poésie, chant et danse. Ainsi en tachelhit, la poésie est indissociable de la voix et de la chanson : on ne dit pas la poésie mais on la chante. Il précise également que souvent la poésie chantée est associée à la danse comme l'illustre bien la cérémonie d'ahwach qui allie poésie, danse et musique.

L'auteur note par ailleurs que le répertoire oral chleuh "est confronté aujourd'hui aux changements inévitables que connaît la société traditionnelle : exode rural, émigration, urbanisation croissante, etc. Par conséquent, nous assistons à une défaillance dans la transmission orale : au fil des générations, des formes poétiques, des chants disparaissent, certains évoluent, d'autres se créent."

C'est lors de ses premières enquêtes linguistiques, en 1986, dans la région d'Achtoukn et d'Idaw Tanan que l'auteur a commencé à recueillir les textes poétiques présentés dans cet ouvrage. A partir de 1990, il a étendu la zone de ses enquêtes et a pu recueillir un nombre important de textes.

Dans cet ouvrage, l'auteur a classé les textes en trois chapitres correspondant à trois genres poétiques : poésie des chanteurs itinérants, poésie anonyme et chants de mariage. D'autres types de poèmes collectés par l'auteur feront l'objet d'une autre publication.

Pour la notation de tamazight, l'auteur a opté pour la notation utilisée par les berbérisants.

Chaque partie consacrée à un type d'amarg est précédée d'une présentation qui donne des éléments de compréhension. L'ensemble des textes transcrits en tamazight sont accompagnés de leurs traduction en langue française.

L'auteur, Abdallah El Mountassir, est Docteur ès Lettres, spécialiste de linguisqtiue e littérature berbères. Il est actuellement maître de conférence à l'Université d'Agadir. Il est l'auteur de nombreuses études sur la linguistique et la littérature berbères.

Abdallah El Mountassir a également publié deux ouvrages :

-Initiation au Tachelhit (langue berbère du sud du Maroc), L'Asiathèque, Paris, 1999.

-Dictionnaire des verbes tachelhit-français (parler berbère du sud du Maroc), l'Harmattan, Paris, 2003.


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Table des matières

-Préface (par Mohamed Chafik).

-Introduction.

I. Amarg n rrways, Poésie des chanteurs itinérants.
Présentation.
Lh'adj Belâid.
Boubakr Azâri.
Boubakr Anccad.
Lh'usayn Lbaz.
Muh'mmad Albinsir.
Muh'mmad Biyzmawn.

II. Imurig, Poésie anonyme.
Présentation.
Tayri - Amour.
Afulki - Beauté.
Lkibr, tt'mâ - Orgeuil.
Tudert - Fuite du temps.
Tizrarin - Chans de femmes.
Taqqsit n-H'mad U-Musa - Légende de Hmad U-Musa.

III. Tanggift, Chants de mariage.
Présentation.
Tanggift n-Idaw Tanan - Chants de mariage d'Idaw Tanan.
Tanggift n-Tafrawt - Chants de mariage de Tafrawt.
Tanggift n-Imi-n-Tanut - Chants de mariage d'Imi-n-Tanut.
Tanggift n-Ayt H'mad - Chants de mariage d'Ayt Hmad.
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# Posté le mercredi 11 mai 2005 13:02

Modifié le dimanche 15 mai 2005 13:31

La diachronie en Tamazight.

Chercheur en Linguistique berbère depuis plus d'une vingtaine d'années et auteur de plusieurs articles, le professeur Allati Abdelaziz, Docteur d'Etat ès-Lettres et professeur de linguistique à l'Université Abdelmalek Es-Saâdi, faculté des Lettres et des Sciences Humaines à Tétouan depuis 1986, vient de publier un important ouvrage sur la diachronie dans la langue tamazight : Diachronie tamazighte ou berbère (300 pages, publication de l'Université Abdelmalek Essaâdi, Tétouan).

Cet ouvrage vient à point nommé vu les phénomènes qui caractérisent l'émergence de l'amazighité ou la berbérité qui s'est accompagnée d'un regain d'intérêt institutionnel que connaît cette langue dans les pays de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, notamment). "Que savons-nous sur l'état primitif et l'évolution de la langue tamazighte ou le berbère ? Telle fut la question initiale de l'investigation et des recherches menées dans le cadre du Programme d'appui à la recherche scientifique (PARS) et du Programme technique d'appui à la recherche scientifique (PROTARS). Ainsi est présenté l'état actuel des études diachroniques sur le berbère qui constitue le point de départ de cette étude, le premier travail d'ensemble consacré à la diachronie de cette langue, qui répond au besoin des chercheurs dans ce domaine en vue de combler une grande lacune en la matière. Les études diachroniques se caractérisent par la convergence de deux éléments. D'une part, du fait que quatre langues (la langue tamazighte ou le berbère, le couchitique, le tchadique et l'omotique) sur six branches de l'afro-asiatique ou chamito-sémitique ne sont connues que par leurs formes modernes, on a étendu les traits les plus anciens connus du sémitique (l'absence de la notation de voyelles dans les textes anciens égyptiens a relégué les données de cette branche au second plan dans la reconstruction de cette famille) à toutes les autres branches créant ainsi une évolution qui va des formes les plus anciennes du sémitique à celles modernes des autres membres de cette famille. Cette conception sémitisante de l'afro-asiatique et de son évolution est doublée d'autre part par une démarche instaurée, en berbère, par André Basset (cf. A. Basset, 1929, 1952), qui consiste à prendre les résultats des comparaisons interdialectales (ce qui est commun au berbère moderne) pour le proto-tamazighte ou berbère (cf. les travaux de Basset, Galand, Prasse, Chaker), donnant ainsi l'illusion d'une évolution qui, en réalité, ne concerne que leurs formes modernes. La confrontation des résultats de ces deux démarches avec les données toponymiques de la Tamezgha ou la Berbérie et les résidus des formes anciennes, qui sont conservés dans le berbère moderne, mais également dans les autres branches de cette famille dont le sémitique, a mis en relief un fossé énorme entre les reconstructions proposées (l'outil de l'analyse) et les données dont on veut rendre compte. Ces éléments ont poussé le chercheur à faire table rase des reconstructions existantes - qui sont présentées et discutées à différents endroits de ce travail - et à tout reprendre, en se fondant uniquement sur les éléments récalcitrants qui montrent l'inadéquation des reconstructions proposées aussi bien du proto-tamazighte ou berbère que du proto-afro-asiatique. L'exploitation du matériel toponymique et des résidus des structures anciennes appartenant aux différents stades de la langue tamazighte a permis d'accéder au stade primitif de cette langue qui serait antérieure au VIII siècle av. J.C., stade au cours duquel sont reconstruites les structures phonologique, morphologique et syntaxique (chapitre I, II et III). Sont ainsi reconstruits, le système phonologique, la base et la composition du mot, les différents affixes (genre, nombre, négation, affixe aspectuel ...), leur mode de fonctionnement, et les relations existant entre les éléments de l'énoncé dans le proto-berbère. Ce qui a permis de dégager les traits structurels primitifs de cette langue, qui se caractérisent par une morphologie fondée sur la composition et l'agglutination des affixes, et une syntaxe ergative. En l'absence de consonnes gutturales et d'une morphologie caractérisée par la composition et l'agglutination des affixes, s'ajoute une syntaxe ergative où les oppositions verbo-nominales (verbe - nom), de rection (sujet - objet), de personne ... sont inexistantes. En un mot, une forme du proto-berbère à laquelle on n'a jamais accédé et qui éclaire les traits d'une forme du proto-afro-asiatique à laquelle personne n'a songé auparavant, mais dont les traces apparaissent dans toutes les branches de cette famille dont le sémitique. Ces traces sont mentionnées, au passage et succinctement, pour éclairer les éléments berbères. Les traits généraux du proto-afro-asiatique étant déterminés, ils ont permis de replacer ce qui est postulé proto-afro-asiatique sur la base des traits les plus anciens connus du sémitique, au stade auquel ils appartiennent, constituant ainsi une étape avancée de cette famille. Les formes proto-berbères reconstruites sont reliées aux suivantes, ce qui met en relief l'adéquation et de la méthode utilisée et des formes reconstruites. La continuité historique des formes est l'argument décisif et le bien-fondé aussi bien de la démarche suivie que des formes reconstruites. Sont ainsi déterminés le processus de la dislocation du système proto-berbère, le type de changements qui l'ont affecté et sa réorganisation dans ses formes pré-modernes et modernes. On a présenté la formation de tous les éléments du système moderne (chapitre IV), dont les oppositions verbo-nominales ( et celles de leurs modalités : genre, nombre...), de personne, de rection..., formation qui montre à quel point notre connaissance de cette langue est, dans l'état actuel de la recherche, rudimentaire. L'auteur constate que malgré la quantité des travaux réalisés selon les modèles structuraliste et génératif, le résultat est, dans ce domaine, encore très insuffisant et on reste (hormis la terminologie), sur bien des points, au stade des études réalisées durant la période coloniale. Ce faisant, on a montré, exemples à l'appui, comment on est passé d'une morphologie qui se fonde sur la composition, l'agglutination des affixes, et une syntaxe ergative au système moderne de cette langue dont la morphologie est flexionnelle, conjuguée à une syntaxe foncièrement accusative. En définitive, l'intérêt de cette étude réside certes dans la reconstruction du proto-berbère et son évolution depuis ses origines à nos jours, mais également dans ses répercussions sur les études diachroniques afro-asiatiques qui, dans leur ensemble, avancent sur la bonne voie. Aussi ce travail ouvre-t-il un chantier nouveau et très prometteur dans ce domaine où le berbère occupe, selon l'expression de l'auteur, une place stratégique.
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# Posté le mercredi 11 mai 2005 13:01

Les origines des royaumes amazighs

Les origines des royaumes amazighs
Elles semblent remonter à une très haute antiquité , malgré le silence des sources. A en croire la littérature légendaire , les marins phéniciens durent s'entendre avec des rois africaines quand ils voulurent s'établir sur les côtes de la Tunisie actuelle . le récit de la fondation de Carthage fait état d'une demande que le roi des libyens Maxitan adressa à la princesse Elissa. Ce roi, d'après Julien , s'appelait Hiarbas . Servius rapporte les mêmes faits et ajoute qu' Elissa ayant repoussé la requête royale, Hiarbas déclara la guerre aux Carthaginois . D'après cet historien , invoquant à l'appui de cette thèse le témoignage d'une « histoire punique » , Elissa aurait été de mandée en mariage par d'autres rois berbères , notamment par le roi lopas . En ce qui concerne les noms Hiarbas ou Iarbas , il faut tout d'abord remarquer leur historicité en tant qu' anthroponymes attestés en Afrique pour Hiarbas ou Iarbas ?

On hésite entre les deux origines , libyque ou phénicienne, bien que la terminaison en « as » puisse convenir davantage à un anthroponyme libyque. En faveur de l'historicité du nom Hiarbas, on peut invoquer un texte de Tite – live concernant un roi numide du 1er siècle av . J - C qui s'appelait Hiarbas . pour Iopas ou Iopan , il semble que nous ayons là une transcription du nom libyque Iuba, qui fut porté par des rois africains . l'un d'entre eux fut battu à Thpsus en 46 av . J – C par l'armée de ce sar en temps que pompénins ; sur les monnaies, le nom de ce roi est écrit « Iubai » . Mais , l'historicité des anthroponymes n'implique pas forcément l'historicité des personnages ainsi nommés . Y aurait – il en fait des rois africains au temps où la marine phénicienne commença à fréquenter les côtes nod - africaines ? les traditions relative à ces faits ne remontent pas au – delà du IIéme siècle av . J – C ; elles semblent avoir été diffusées dans le monde romain à l'occasion des guerres puniques . Timée de Taormine , qui vivait en sicile au temps de la I ère guerre punique , et bien que le recours à la base des sources carthagionoises orales et écrites lui fût théoriquement possible , ne pouvait alors réussir à dégager la réalité historique de la légende dans les récits qu'on lui faisait ou qu'il lisait à propos de la fondation de Carthage et des événements qui avaient marqué l'accomplissement d'une si grande entre prise. Et l'amour du pittoresque et du dramatique, ne devaient pas manquer d'altérer la réalité historique en la magnifiant peut – être le pathétique. C'est dire que la littérature antique n'est pas en mesure d'établir l'historicité du roi Hiarbas qu'on simple création légendaire.

Cependant , G . camps reconnaît que , parmi les personnages à porter le titre de roi dans la littérature classique , Hiarbas est le plus ancien . Il rattache le nom de ce roi à une racine libyque et considère vraisemblable l'existence de chefs libyens avec lesquels les marins phéniciens eurent très tôt maille ; mais le récit de Hiarbas revête à sec yeux un caractère légendaire.

Certes, l'historien doit se méfier de l'argument du silence ainsi que des constructions non fondées ; l'hypothèse d'une certaine organisation sociale et politique en Afrique au temps des premières navigations phéniciennes n'est toutefois pas à rejeter .

Qu'il y ait déjà à la tête des tribus africaines des chefs auxquels on reconnaissait une autorité supérieure en temps de guerre pour administrer les affaires de la tribu, voilà une hypothèse qui paraît très vraisemblable et même probable . Grâce à la documentation égyptienne, nous savons que les tribus libyennes qui vivaient au voisinage de l'Egypte étaient, dés la fin du II éme millénaire, dirigées par des rois .

Au V éme siècle av . J – C. Hérodote connaissait des rois libyens . Non contents d'avoir fondé Cyrène, les Grecs voulaient s'étendre davantage en Afrique et occuper d'autres territoires, ce qui suscita l'opposition des libyens. « Amputés d'une bonne part du territoire, les libyens du voisinage et leur roi qui avait le nom Adrian, se jugeant dépouillés leur pays et gravement offensés d'Egypte Apriès

Dans un autre passage , Hérodote signale l'existence de la royauté libyenne, il s'agit cette fois des Adyrmachides dont les territoires confinent avec le royaume des pharaons . Parlant des us et coutumes de cette population libyenne, il écrit : « Ils présentent au roi, c'est lui qui la déflore » . Ces deux textes peuvent être invoqués en faveur de l'existence d'une royauté libyenne dans les territoires voisins de Egypte et dans les environs de Cyrène.

Pour Adrican, roi des libyens dont les territoires étaient dangereusement menacés par les Grecs, Hérodote pouvait s'informer à Cyrène où la situation des territoires voisins devait être parfaitement connue. Si , pour partie de l'Afrique du nord , l'historien peut retrouver les traces d'une royauté autochtone sans doute dés la fin du second millénaire et surtout à partir du Vème siècle av . J. – C. – on peut retenir de même l'hypothèse d'une organisation politique ou même d'une royauté également autochtone dans la région que fréquentaient les marins phéniciens depuis la fin du II ème millénaire. Il en résulte que, malgré l'absence de tout argument objectif sérieux, l'hypothèse d'un roi libyen qui aurait gêné les fondateurs de Carthage ne paraît pas tout à fait gratuite ; sous dirions qu'elle est possible, sans pour autant reconnaître l'historicité des faits rapportés au sujet d'Hiarbas ou de Iopas et de sa passion pour Elissa .

C'est avec le IV ème siècle av . J- C. que la situation commence à s'éclaircir, notamment pour la Numidie et la Mauritanie ; un carthaginois ambitieux, Hannon , qui voulait s'emparer du pouvoir à Carthage par la force , aurait cherché des appuis auprès du roi des Maures . même si cet épisode n'est pas mis en doute , ce roi nous demeure tout à fait inconnu. Que signifie d'ailleurs le terme « Maures » dans la bouche de julien, auquel nous devons cette tradition ? S'agit – il de tribus qui vivaient dans les territoires de Mauritanie telle qu'elle était connue dans l'hystérographie antique , c'est – à – dire les régions occidentales de l'Afrique du nord, en gros le Maroc et l'Algérie occidentale ? II convient de signaler d'autre part les doutes qui entourent l'établissement de ce texte de Julian . Pourtant , un témoignage archéologique militerait en faveur de l'existence de chefs qui devaient régner sur le Rharb au IV ème S. av . J - C . il s'agit du tumulus dit Sidi Slimane.

C'était sans doute la sépulture d'un potentat de Maurétanie qui vivait sinon à la fin du IV ème S. av. J.- C . Nous savons d'autre part, grâce à Diorde de Sicile qu'à la fin du IV S. av. J.- C . un roi libyen, Ailymas, régnait sur un royaume dont les frontières touchaient les territoires carthaginois. Agathocle, le tyran de Syracuse, chercha son alliance alors qu'il ravageait les terres carthaginois entre zeugis et la ville d'Hadrumète, c- à – d entre le front zaghouan et la ville de Sousse, dans le Sahel tunisien . les exégètes de ce texte de Diodore conclurent que le royaume d'Ailymas devait se situer en partie en Tunisie occidentale, dans la région du Tell ; la ville de Dougga y était comprise. Diodore de Sicile affirme qu'une alliance fut d'abord négociée et conclue entre Agathocle et le roi Ailymas, mais qu'avant la fin de l'expédition , le tyran de Syracuse, constatant la trahison du monarque berbère , voulut le châtier ; Ailymas trouva la mort au cours de la bataille. Les événements se situeraient entre l'été de 310 av . J.-C. dans l'ensemble , l'historiographie contemporaine ne conteste pas l'historicité de ce roi de Numidie. G. et Colette picard reconnaissent en Ailymas « un chef de quelque importance » .

G. Camps le qualifie, tout comme lui accordait l'ordre de sicilee , le considérant d'autre part comme le plus ancien représentant connu de la dynastie qui régnait en Numidie orientale aux III ème et II ème av. J.- C . il s'agit plus précisément de la dynastie Massyle, à laquelle appartient Massinissa . Pour G . camps, rien n'empêche de supposer un lien de parenté entre Ailymas et Massinissa : le premier serait l'un des ancêtres du second. Il faut cependant attendre la deuxième moitié du III ème siècle av. J.- C . pour que l'histoire permette de saisir les royaumes berbères en plein jour.

C'est alors seulement que les Etats constitués surgissement aux yeux de l'histoire . jusque là notre information sur les royaumes berbères se distingue par caractère hypothétique, sa disparité et sa discontinuité . A partir du III ème siècle av. J.C. l'information sur ces royaumes s'intensifient et se précise. Désormais nous sommes en mesure de connaître les royaumes, leur localisation, la dynamique de leurs frontière , les rois , leurs portraits , leurs prérogatives, leurs options politiques – sain si que le sort qui leur fut réservé. Entre autres conséquences des guerres puniques, une vive lumière fut projetée sur la terre d'Afrique et notamment sur les royaumes berbère déjà constitués. La aussi, l'histoire nous met devons le fait accompli et ne facilite point la reconstitution de l'expérience. Il ne s'agit certainement pas d'une génération spontanée. Les royaumes berbères ne sauraient être considérées comme des Etats champignons « qui poussent en une nuit et moisissent en une matinée », pour reprendre l'expression de E. F. Gautier au sujet de l'Etat maghrébin. L'exégèse du texte et du monument laisse croire que les royaumes berbères , qui semble apparaître au III éme siècle av. J.-C. Comme le soleil à l'horizon ont été le résultat d'une lente et très longue gestation dont nous ne pouvons pas hélas reconstituer les étapes ni même tracer le profile à grand traits. L'Etat des royaumes berbères au III éme siecle. av. J. -C. avec leur frontières, leurs instituons, leur organisation municipale, leurs conflits internes et leurs différends avec leurs voisins , tout cela suppose une langue histoire, des traditions établies, des acquis capitalisés, une maturation qui implique une prise de conscience des emprunts à l'autre , des rejets et partant des contacts enrichissant, un dialogue avec soi et avec l'autre.

L'historien y – verra encore plus claire lorsqu'en particulier la documentation archéologique aura été classée selon des critères chronologiques précis, condition sans laquelle il n'y a pas moyen de saisir l'évolution et d'assister à la genèse du fait . Or , pour le cas précis, il est nécessaire de faire le bilan de la documentation dispersée dans les musées, les dépôts et les collections privées . Ils faut poursuivre les fouilles dans l'objectif serait la connaissance des royaumes berbères . Mais , en attendant , que peut – on – en dire ? A partir du III ème S. av. J. C . trois royaumes nous sont bien connus : ils se répartissent la Mauritanie , la Numidie Masaesyle et la Numidie Massyle
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# Posté le mercredi 11 mai 2005 12:52

Modifié le dimanche 15 mai 2005 13:34