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Aripiblik : la vendetta dans le Rif.

Aripiblik : la vendetta dans le Rif.
Avant que n'éclate la guerre du Rif, les rifains vivaient dans une période que l'on appelait "Aripiblik". Durant cette période où régnait une anarchie apparente, la vendetta était au centre de la vie tribale. Nous allons tenter de revenir sur cette période et essayer de la comprendre en effectuant un travail de recherche qui consistera à intérroger les derniers témoins de cette "Aripiblik" et à regrouper les témoignages et récits des écrivains et chercheurs de l'époque.
Nous allons commencer par vous présenter un témoignage (dans son intégralité) recueilli par S.Biarnay et retranscrit dans son livre "Etudes sur les dialectes berbères du Rif" paru en 1917.

"Supposons que le pére ou le frère d'un homme ail été tué, ce dernier se vengera en tuant le meurtrier lorsqu'il en trouvera l'occasions. La tribu l'obligera alors à quitter le pays pendant un an et à payer une amende de cent ou de quatre vingts douros, puis elle fera son possible pour obtenir que la famille de la dernière victime pardonne au meurtrier. Mais si quelqu'un tue (son ennemi) au marché ou dans une noce, la tribu s'emparera de la totalité de ses biens et le meurtrier devra abandonner son pays pendant trois ou quatre ans, il devra ensuite payer l'amende et, s'il désire revenir habiter dans la tribu, il devra racheter ses biens. Supposons que le meurtrier soit ainsi revenu dans son pays, si la victime a laissé un enfant posthume ou un enfant en bas âge, lorsque ce dernier grandit et commence à porter des armes, les gens lui disent : "C'est untel qui a tué ton père!" Le jeune homme se place alors en embuscade sur le chemin du meurtrier et se venge en lui tirant un coup de feu : Paf! il le tue.

La Tribu se met à sa poursuite, incendie sa maison, puis tout le monde rentre chez soi. Après un an ou neuf mois (trois-quarts d'une année), le meurtrier peut revenir s'il paie quatre-vingts ou cent douros d'amende aux chefs de la tribu qui le font se réconcilier avec la famille de la victime. Il revient avec ses enfants, rebâtit sa maison, et il lui adviendra un jour comme au précédent (il sera assassiné à son tour).

Ceux qui ont à se venger réciproquement les uns des autres, lorsqu'ils se rencontrent dans une noce ou une fête quelconque font des allusions déguisées les uns et les autres, sur leur désir de vengeance, ils se disent même des injures dans des chants pour lesquels ils se font accompagner par des joueurs de cornemuse. Les gens présents à la fête les écoutent."

# Posté le vendredi 06 mai 2005 09:56

Modifié le vendredi 06 mai 2005 11:52

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